Entretien : sept questions à Christian Achaleke, jeune leader camerounaisChristian Achaleke est un jeune camerounais spécialiste de la culture de la paix et est l’ancien coordinateur du réseau Commonwealth Youth Peace Ambassador Network (CYPAN). Dans cet entretien, il fait part de son récit personnel, de l’importance et du rôle des jeunes dans la culture de la paix, et de ce qu’il reste à accomplir pour la rendre pérenne.

1. Que signifie pour vous le concept de « culture de la paix » ?

Selon moi, la culture de la paix est un ensemble de valeurs, un style de vie, une morale et une éthique permettant de prévenir les conflits ou la violence et aussi d’engager les gens vers une vie pacifique et éthique.

2. Selon vous, quelles actions concrètes peuvent être menées pour consolider la paix sur le continent africain ?

En ce qui concerne les activités à mettre en œuvre pour favoriser une culture de la paix en Afrique, je suggère tout d’abord d’engager les jeunes et les femmes dans ce processus. Des activités comme la recherche sont très importantes pour documenter le contexte et l’historique du conflit, et aussi pour pouvoir saisir les perspectives. Le renforcement des capacités sous forme d’ateliers et de formations est également stratégique. Il est également important de travailler sur le développement des ressources et du financement des initiatives, en particulier au niveau communautaire, ainsi que sur les opportunités de partage d’expériences et d’essaimage d’idées. Tous ces éléments et idées sont essentiels à la construction de la paix sur le continent africain.

3. Qu’est-ce qui vous a décidé à devenir un défenseur de la paix ?

Ma décision de devenir un défenseur de la paix a été influencée par mon expérience personnelle. J’ai grandi dans une communauté où régnait une grande violence et, en tant que jeune, c’était un mode de vie. À un moment donné, je me suis rendu compte que la violence ne mène nulle part, car j’ai perdu des amis et des connaissances, certains ayant été poignardés et d’autres jetés en prison. C’est ainsi qu’en faisant du bénévolat dans la société civile, j’ai découvert une autre perspective de la vie, axée sur la paix et le soutien aux communautés pour qu’elles deviennent meilleures, et j’ai commencé très tôt à utiliser le théâtre pour prêcher ces valeurs fondamentales au sein de ma communauté. C’est ainsi que je me suis retrouvé à réaliser ce travail depuis 2007, et depuis lors, cela a été une expérience qui a changé ma vie, avec beaucoup d’inspiration. Lire la suite

 

Source : UNESCO