La coéducation constitue une urgence éducative pour l’ensemble des élèvesEntretien avec les coordinatrices, Andreea Capitanescu Benetti et Monique Royer

Que tous les adultes accompagnant un enfant ou un jeune au long de sa journée, sa semaine, son année, se connaissent et agissent de concert, dans leur complémentarité, voilà un beau projet, celui de la coéducation ! Inscrite dans les textes officiels de l’Éducation nationale, elle n’est pas toujours ni partout mise en œuvre de manière satisfaisante. Le confinement du printemps dernier a pourtant remis en lumière sa nécessité. Notre dossier fait le point sur cette idée, ce projet. Voici ce qu’en disent les coordinatrices.

La coéducation, qu’est-ce que c’est, au juste ? Une injonction officielle ou de véritables mises en œuvre sur le terrain ? Et qui cela concerne-t-il ?
​La coéducation est avant tout un impératif souvent relégué au rayon des utopies. Nous l’avons constaté lors du premier épisode du confinement. Quelle est la part des uns et des autres pour contribuer à l’éducation des enfants, quels sont les ponts, les terrains communs ? La question reste entière entre injonctions, bonnes intentions et réalités de terrain.

Elle constitue pourtant une urgence éducative pour l’ensemble des élèves et plus particulièrement ceux qui ne sont pas dans la norme scolaire pour des raisons diverses (sociales, de santé, d’appartenance…). Dans nos sociétés de plus en plus plurielles, elle s’impose comme un vecteur d’équité.

Dans ce dossier, on voit que la coéducation, c’est à la fois des orientations fortes et des mises en œuvre locales, par teintes, par niches, dépendant d’initiatives et de leur agrégation. Au travers des expériences des uns et des autres, on remarque que la coéducation ne va pas de soi, qu’elle est un processus entremêlé, parfois comme révélant une véritable rencontre et parfois faisant face à des impasses, des fins de non-recevoir. Si on devait adjectiver cette coéducation, il est possible qu’elle ne soit pas toujours harmonieuse, mais parfois bien conflictuelle, et que les divers acteurs peuvent malheureusement se regarder en chiens de faïence. Lire la suite

 

Source : Cahiers pédagogiques