Une étude sur le rôle et les contributions des jeunes à la paix et la sécurité en Afrique« Chaque génération de jeunes doit, au-delà de tout obscurantisme, découvrir sa mission, l’accomplir ou la trahir » 

INTRODUCTION

Lorsqu’il est question de la jeunesse Africaine, il n’y a pas de récit « universel » de leurs expériences quotidiennes. Qu’il s’agisse des protestations contre la faiblesse des infrastructures sociales, la mauvaise gouvernance, ou des plaidoyers pour la mise en place d’incubateurs d’idées et des start-ups, les jeunes Africains, selon leurs différents contextes et environnements, découvrent, remplissent et trahissent leur mission comme l’a prédit Franz Fanon il y a près de soixante ans. La présente étude ne manque pas l’occasion de saisir et de documenter la richesse des rencontres quotidiennes et des expériences des jeunes Africains, qui sont malheureusement souvent ignorées et/ou sous-estimées ; ainsi que l’implication de ce qu’ils font, ou ne font pas, pour la société et pour l’État, y compris en matière de paix et de sécurité. Cela répond au besoin en retard accusé dans la mise en lumière des histoires particulières des jeunes Africains dans leurs propres perspectives, selon la manière dont ils voudraient qu’elles soient dites, et non pas selon les discours dominants, souvent peu condescendants, parfois méprisants et dédaigneux.

L’une de leurs, Chimamanda Adichie, avait utilisé l’expression « le danger de l’histoire unique » pour décrire une situation dans laquelle des histoires sur des personnes, des groupes ou des pays sont narrées sous un angle souvent négatif. C’est de cette manière que le grand public en Afrique, tout du moins la plupart, a souvent considéré et traité sa population jeune, loin de ce qu’ils sont en réalité. L’histoire unique n’est pas seulement imaginée, nourrie et reproduite par des combinaisons de préjugés, d’idées fausses ou mensongères ; mais elle est également véhiculée et renforcée de manière à devenir progressivement « la vérité » ou, tout du moins, une partie de la vérité. De ce fait, raconter une « histoire équilibrée » de la jeunesse Africaine doit commencer, comme c’est le cas dans ce rapport, en écoutant attentivement ces jeunes et en apprenant d’eux, en les approchant dans leurs propres espaces, loin du monde des adultes, pour voir à quel point ils accomplissent ou trahissent les idéaux de la génération actuelle.

Nous espérons que les centaines de jeunes Africains qui ont pris de leur temps, délaissant souvent leurs activités quotidiennes de vie et de survie, afin de contribuer substantiellement à enrichir ce travail, vont se retrouver dans les idées émises ici ; qu’ils sentiront leurs histoires prendre vie entre ces lignes et que ce rapport leur rendra justice. Ils ont clairement exprimé leur espoir que la manière dont leurs histoires seraient racontées serve de déclic pour un changement de paradigme dans la vision qu’ont les gouvernements et la société de leurs citoyens les plus précieux : les jeunes. Lire la suite

 

Source : Union Africaine / Peaceau

Date de publication : Juin 2020