Répondre à l’essor de l’extrémisme violent au Sahel

Inverser l’escalade de la violence des groupes islamistes militants au Sahel nécessitera une présence sécuritaire renforcée accompagnée d’un engagement plus soutenu avec les communautés locales. 

POINTS SAILLANTS

  • Les violences impliquant des groupes islamistes militants au Sahel—principalement le Front de libération du Macina, l’État islamique au Grand Sahara et Ansaroul Islam—ont doublé chaque année depuis 2015.
  • Faisant usage de tactiques asymétriques et d’une coordination étroite, ces groupes militants ont amplifié les frustrations locales et les différences intercommunautaires afin de stimuler les recrutements et d’encourager les sentiments antigouvernementaux au sein des communautés marginalisées.
  • Compte tenu des dimensions sociales complexes de cette violence, les États sahéliens devraient déployer des efforts plus concertés pour renforcer la solidarité avec les communautés touchées, tout en affirmant une présence sécuritaire plus robuste et plus mobile dans les régions contestées.

Au cours des cinq dernières années, le Sahel a connu une hausse des violences plus rapide qu’aucune autre région en Afrique. Les incidents violents liés à des groupes armés terroristes ont doublé chaque année depuis 2015. L’année 2019 a vu plus de 700 de ces événements violents. Parallèlement, le nombre de victimes causées par ces attaques est passé de 225 à 2000 au cours de la même période (voir Figure 1). Cette augmentation des violences a provoqué la fuite de plus de 900.000 personnes, dont plus de 500.000 rien qu’au Burkina Faso.

Trois groupes, le front de libération du Macina (FLM, ou katiba Macina)1, l’État islamique au Grand Sahara (EIGS)2, et Ansaroul Islam,3 sont responsables de pratiquement les deux tiers de la violence terroriste dans le centre du Sahel4. Leurs attaques sont largement concentrées dans le centre du Mali, au nord et à l’est du Burkina Faso, et à l’ouest du Niger (voir Figure 2). De nombreuses réponses sécuritaires et de développement ont été lancées pour tenter de juguler cette crise. Mais en dépit de certains progrès enregistrés, la hausse continue des violences illustre la nécessité d’amplifier ces efforts. Lire la suite

 

Source : Africa Center