G5 Sahel : « Sans les femmes, nous ne parviendrons jamais à la paix »Coordinatrice de la plateforme des femmes du G5 Sahel, la Burkinabée Justine Coulidiati-Kielem souligne le rôle des Africaines dans la lutte contre le terrorisme.

Elle se décrit comme « activiste » et « féministe ». Présidente de la Coalition femmes, paix et sécurité au Burkina Faso, engagée « depuis l’enfance » sur la question du genre, Justine Coulidiati-Kielem a trouvé un porte-voix de taille : il y a quelques mois, cette docteure en socio-économie a été choisie pour représenter la plateforme des femmes du G5 Sahel, créée le 23 juillet 2018 à N’Djaména (Tchad). Depuis, elle multiplie les plaidoyers et les formations de « médiatrices » et de « femmes leaders ». Son ambition : faire entendre leur voix dans la lutte contre le terrorisme. Alors que le sommet des chefs d’Etat du G5 Sahel, qui regroupe la Mauritanie, le Mali, le Burkina Faso, le Niger et le Tchad, se tient mardi 5 février à Ouagadougou, Justine Coulidiati-Kielem a répondu aux questions du Monde Afrique. 

Pourquoi créer une plateforme des femmes du G5 Sahel ?

Justine Coulidiati-Kiélem La voix des femmes est inaudible sur le terrain de la lutte contre le terrorisme. Malgré les nombreuses résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies pour renforcer leur leadership et leur participation dans les processus de paix, elles restent peu représentées dans les instances de décision et de médiation. Il faut pourtant que les hommes reconnaissent qu’ils ont échoué à faire reculer l’extrémisme violent. Au Burkina Faso, la détérioration de la situation sécuritaire est inquiétante. Je suis persuadée que sans les femmes, nous ne parviendrons jamais à la paix. Il faut mettre plus de moyens à leur disposition pour qu’elles puissent œuvrer davantage. C’est l’ambition de cette plateforme regroupant plus d’une cinquantaine d’organisations féminines.

« Les femmes ne sont pas épargnées par les terroristes, qui n’hésitent plus à les attaquer ou à les utiliser. »

On oublie trop souvent que les femmes sont à la fois victimes et actrices de ces violences perpétrées par les groupes armés. Au Burkina, elles ne sont pas épargnées par les terroristes, lesquels n’hésitent plus à les attaquer ou à les utiliser. Il y a quelques mois, les forces de l’ordre burkinabées ont arrêté un groupe de femmes en possession d’engins explosifs sur la route entre Ouahigouya et Ouagadougou. La pauvreté, les difficultés d’accès à un emploi décent ou aux ressources de base, le sentiment d’injustice et d’abandon des autorités, c’est tout cela qui est instrumentalisé par ces groupes radicaux. Lire la suite

 

Source : Le Monde Afrique