« La culture de la paix est le résultat de la longue évolution qui a marqué la genèse du droit international. Bien que les textes produits ne soient pas contraignants, ils donnent une forte légitimité à ce concept et fixent une feuille de route concrète dont devraient s’emparer peuples et Etats », Roland NIVET, co-secrétaire national et porte-parole du Mouvement de la paix.

Si les conférences de La Haye en 1899 et 1907 ont abordé la question de la paix, si l’Organisation internationale du travail (OIT) a posé des jalons innovants en 1919 en indiquant, dans le préambule de sa Constitution, qu’« une paix universelle et durable ne peut être fondée que sur la base de la justice sociale », l’étape déterminante, au regard de la culture de la paix, fut la Charte des Nations unies, en 1945.

Bien plus tard, l’Assemblée générale des Nations unies, dans sa résolution 52/13 du 15 janvier 1998, stipulera que « la tâche assignée à l’ONU – préserver les générations futures du fléau de la guerre –  appelle une transition vers une culture de la paix, consistant en des valeurs, des attitudes et des  comportements qui reflètent et favorisent la convivialité et le partage fondés sur les principes de liberté, de justice et de démocratie, tous les droits de l’Homme, la tolérance et la solidarité, qui rejettent la violence et inclinent à prévenir les conflits en s’attaquant à leurs causes profondes et à résoudre les problèmes par la voie du dialogue et de la négociation et qui garantissent à tous la pleine jouissance de tous les droits et les moyens de participer pleinement au processus de développement de leur société ».

Mais ce n’est que le 6 octobre 1999, à travers sa résolution 53/243 portant Déclaration et Programme d’action sur une culture de la paix, que fut adopté un des principaux textes de référence en matière de culture de la paix. Dans ses attendus, cette résolution se réfère à la Charte des Nations unies, à la Convention créant l’Unesco (1945), laquelle énonce que « les guerres prenant naissance dans l’esprit des hommes, c’est dans l’esprit des hommes que doivent être élevées les défenses de la paix », et à la Déclaration universelle des droits de l’Homme et autres instruments internationaux pertinents du  système des Nations unies. Cette résolution situe le contexte historique dans lequel elle a été conçue, « en reconnaissant […] que la fin de la guerre froide a ouvert de nouvelles perspectives pour affermir une culture de la paix ». Enfin, elle « [reconnaît] que la paix n’est pas simplement l’absence de conflits, mais est un processus positif, dynamique, participatif qui favorise le dialogue et le règlement des conflits,  dans un esprit de compréhension mutuelle et de coopération ».

La résolution 53/243 affirme donc avec force que la paix ne peut se construire que par la réalisation concrète des droits humains tels qu’ils ont été définis par les textes portant des avancées juridiques importantes en termes de droit international : Déclaration universelle des droits de l’Homme (1948), Convention concernant la lutte contre les discriminations dans le domaine de l’enseignement (1960),  Convention internationale sur l’élimination de toutes formes de discrimination raciale (1965), Pacte international relatif aux droits civils et politiques (1966), Pacte international relatif aux droits économiques sociaux et culturels (1966), Convention internationale des droits de l’enfant (1989), etc. On retrouve ces marqueurs dans l’article 3 de la résolution. Lire la suite

 

Source : Ligue des Droits de l’Homme