Dialogue interculturel

Vivre ensemble en paix : le pouvoir de l'éducation, de l'engagement des citoyens et de la prévention de l'extrémisme violent

Vivre ensemble en paix : le pouvoir de l'éducation, de l'engagement des citoyens et de la prévention de l'extrémisme violent

Face à la pandémie de COVID 19, notre interdépendance et notre capacité à nous unir pour résoudre ensemble un problème collectif n'a jamais été aussi apparente. Demain, nous commémorons la Journée internationale du vivre-ensemble dans la paix, adoptée par les Nations Unies en 2017 pour célébrer un monde qui « promeut la paix, la tolérance, l'inclusion, la compréhension et la solidarité » (Résolution 72/130 de l'ONU). Une occasion de nous tourner vers la région de l'Afrique de l'Ouest et du Centre pour mettre en valeur le travail des gouvernements et des partenaires qui soutiennent le vivre ensemble par l’éducation.

En Afrique de l'Ouest et du Centre (AOC), le changement climatique, la pauvreté, l'inégalité des sexes, l'instabilité politique et le chômage menacent la coexistence pacifique et le développement durable des sociétés. Dans la région, 12 des 24 États (en anglais) connaissent actuellement des situations de conflit armé entraînant notamment de nombreux déplacements forcés, aussi bien à l’intérieur des pays touchés que vers les pays voisins. Début 2020, la région comptait près de 2 millions de réfugiés, 7 millions de déplacés internes et 1,8 million de personnes à risque d’apatridie (selon le Bureau régional pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre du HCR).

Selon un rapport de l’ONG Save the Children, sur les 10 pays les plus durement touchés par des conflits ayant de graves conséquences sur les enfants, quatre se trouvent en AOC (en anglais) : la Centrafrique, la République démocratique du congo, le Mali et le Nigeria.

Dans ce contexte, l'extrémisme violent est en hausse (en anglais). Selon l'ONUDC (en anglais), l'extrémisme violent « comprend des formes de violence à motivation idéologique » qui peuvent inclure « la déformation et l'exploitation des croyances religieuses, des différences ethniques et des idéologies politiques ».

Au fur et à mesure que la menace s'accroît, la violence affecte gravement les possibilités d'éducation : les menaces pesant sur le personnel éducatif et les attaques contre les établissements scolaires privent les enfants de leur droit à l'éducation et les exposent à des risques accrus d'abus, de violence et d'exploitation.

En février 2020, bien avant la fermeture de la plupart des systèmes éducatifs en raison de la pandémie de coronavirus, 3 641 écoles étaient fermées en raison de la violence (en anglais) et de l’insécurité au Burkina Faso, au Mali et au Niger, affectant ainsi près de 700 000 enfants et 20 000 enseignants (Cluster Education Burkina Faso, Mali et Niger). Des chiffres qui ont augmenté en raison des mesures de confinement liées au COVID-19 : plus de 128 millions d'enfants ne sont actuellement pas scolarisés dans la région. Confinés dans leurs maisons, ces jeunes passent plus de temps sur Internet, ce qui les expose davantage aux risques de radicalisation en ligne (en anglais).

Comment pouvons-nous promouvoir le vivre ensemble et prévenir l'extrémisme violent par l’éducation ?

Le vivre-ensemble suppose un développement et une compréhension de soi et des autres (en anglais) qui conduisent à l'interdépendance et à des réponses pacifiques, conjointes et intelligentes aux défis du monde. Cela s’inscrit dans le cadre de l'Objectif de développement durable (ODD) cible 4.7 (en anglais) - qui vise à garantir à tous les élèves des connaissances et des compétences requises pour la promotion du développement durable d’ici 2030 - et de tous les autres ODD.

Ces valeurs sont partagées par la communauté internationale dont les membres de l’organisation internationale de la Francophonie qui ont adopté l'Appel francophone d’Erevan pour le vivre ensemble en 2018.

En tant qu'élément central de l’ODD 4.7, l'éducation à la citoyenneté mondiale, intègre les principes du vivre ensemble et enseigne aux élèves une approche de résolution des problèmes tant à l’échelle locale que mondiale qui intègre un esprit de coopération et d'interdépendance. Le respect de la diversité et des différentes identités - de genre, de religion, de culture et autres - ainsi que la capacité à penser de manière critique, préparent les apprenants à répondre aux défis auxquels ils sont confrontés avec empathie pour construire un monde durable.

L'éducation à la citoyenneté mondiale est au cœur de la réponse à l'extrémisme violent dans la région, notamment par une approche connue sous le nom de prévention de l'extrémisme violent par l'éducation (PEV-E). Si l'éducation ne peut à elle seule prévenir l'extrémisme violent, elle peut limiter la diffusion des idéologies, discours et propagandes extrémistes en fournissant aux individus les compétences nécessaires pour les remettre en question.

L'éducation a le pouvoir d’enseigner les tenants de la paix, de la non-violence, de la résolution pacifique des conflits, de l'information et de l'alphabétisation en ligne, ainsi que des compétences sociales et émotionnelles. Lorsque les élèves sont éduqués et dotés des compétences nécessaires pour résister aux idéologies extrémistes, la diffusion de l'extrémisme devient limitée.

Apprendre le vivre ensemble et la PEV-E favorisent également le changement. Cela peut signifier un changement de soi, une transformation de la communauté, de la société et même du monde. La transformation se produit par l'action, et les apprenants doivent être encouragés à agir pour créer le changement. La pédagogie transformationnelle et participative et les approches centrées sur l'élève peuvent être utilisées en classe, par opposition à l'apprentissage par cœur ou à la mémorisation, pour former des citoyens actifs, critiques et résilients.

Il est important de soutenir à la fois les apprenants et les enseignants lorsqu'il s'agit de pédagogies transformatrices. Les enseignants ont besoin d'un soutien sous forme de formation initiale et continue pour se doter de nouvelles approches et d'une mise en réseau lorsqu'ils appliquent de nouveaux outils en classe.

L'équipe de travail Learning to Live Together (LTLT) a travaillé avec les ministères de l'éducation du Burkina Faso, du Mali, du Niger et du Sénégal pour promouvoir ces changements pédagogiques en adaptant une pédagogie transformationnelle aux contextes nationaux, en formant des formateurs et des enseignants, en faisant le suivi des enseignants et en impliquant la communauté, notamment les parents et les familles, dans ces changements.

La pédagogie transformationnelle peut être appliquée à l'éducation à différents niveaux et dans plusieurs disciplines. En Mauritanie par exemple, les ministères chargés de l’éducation travaillent avec l’UNESCO pour intégrer cette approche pédagogique dans les programmes d’alphabétisation et d’éducation non formelle dans les matières telles que l'éducation civique, les sciences, l’éducation islamique, l’arabe et le français.

A l’ère du COVID-19, il est également important d’ajuster les projets de PEV-E existants, afin de les rendre accessibles en ligne ou par téléphone mobile. Le HCR soutient par exemple les enseignants et élèves réfugiés, tout comme ceux issus des communautés hôtes, à maintenir les actions de prévention et de sensibilisation à distance en organisant des formations et activités en ligne, notamment à travers des groupes WhatsApp.

Les membres du LTLT partagent des connaissances et expériences entre eux et avec les points focaux travaillant à la PEV-E au niveau des gouvernements. Les praticiens travaillant sur l’apprentissage du vivre-ensemble trouveront des ressources pertinentes en français et en anglais, des liens et une communauté de professionnels sur vivons-ensemble.net.

 

Retrouvez également cet article sur le site du Partenariat Mondial pour l'Education



Enseignants, vous devez aussi aimer vos élèves pour les faire réussir : c’est un psychologue qui le dit


Mael Virat, ancien enseignant, chercheur en psychologie à l’Ecole nationale de la protection judiciaire de la jeunesse (ENPJJ) à Roubaix, est spécialiste des mécanismes d’apprentissage et des pratiques éducatives. Dans son ouvrage « Quand les profs aiment les élèves »(Odile Jacob), il recense les très nombreuses études qui plaident en faveur du développement d’un lien affectif entre enseignants et élèves, et dénonce « un déni des connaissances scientifiques sur le sujet » de la part d’une institution toujours convaincue que le rôle de l’école doit se limiter à la transmission des savoirs. Lire la suite ....

Source: NOUVELOBS



Tchad : la culture de la paix est au rendez-vous en milieu scolaire


L’atelier a lieu à la maison de la Femme du 9 au 11 avril. Il vise à renforcer les capacités des acteurs de l’éducation afin d’intégrer dans les programmes scolaires la promotion de valeurs liées à la culture de la paix, le règlement pacifique des conflits et la prévention de l’extrémisme violent. Le ministre de l’Education nationale et de la Promotion civique, Aboubakar Assidick Tchoroma, a présidé ce mardi 9 avril un atelier de formation et d’information des responsables d’écoles associées à l’UNESCO, axé sur la prévention de l’extrémisme violent, l’éducation à la citoyenneté mondiale, la culture de la paix, la non-violence, les règlements pacifique des conflits, le changement climatique, les ODD 2030 et l’agenda 2063. Lire la suite....

Source: Journal du Tchad



Mali: il faut aider Peuls et Dogons “à vivre ensemble”, affirme l’émissaire de l’ONU


Nations unies – Dans le centre du Mali, il est nécessaire d’aider les Peuls et les Dogons “à vivre ensemble” après la tuerie du 23 mars dans laquelle sont morts quelque 160 habitants du village peul d’Ogassogou, estime l’émissaire de l’ONU pour ce pays, le Tchadien Mahamat Saleh Annadif.

Une enquête de l’ONU est en cours sur ce massacre, commis par des chasseurs présumés dogons.

Sans se prononcer sur la responsabilité de la tuerie, l’émissaire de l’ONU et responsable de sa force de Casques bleus dans le pays (Minusma) a estimé que “l’inacceptable avait été atteint” et qu’il “fallait l’arrêter”, dans un entretien mercredi à l’AFP, RFI et la chaîne canadienne CBC.

“Ce sont des populations qui sont voisines, qui ont toujours vécu ensemble. Il faut commencer à faire des pourparlers, de la médiation, essayer autant que possible de les réconcilier parce qu’on choisit son ami, mais on ne choisit pas son voisin”, a poursuivi Mahamat Saleh Annadif. Lire la suite...

Source: MaliJet



Radicalisation et extrémisme violent : Des jeunes de diverses confessions religieuses abordent la question


La radicalisation et l’extrémisme violent sont une réalité au pays des Hommes intègres. Pour venir à bout de ce fléau, l’Union fraternelle des croyants de Dori (UFC/Dori) a tenu un atelier national à l’attention des jeunes de plusieurs confessions religieuses les 20 et 21 mars 2019 à Ouagadougou.  « Prévention de la radicalisation et de l’extrémisme violent au Burkina Faso : le rôle des jeunes ». C’est sous ce thème que l’Union fraternelle des croyants de Dori (UFC/Dori), avec l’appui de l’Association Puits de Jacob, organise cet atelier national de sensibilisation et de mobilisation pour la prévention de la radicalisation et de l’extrémisme violent. Les participants (plus de 60) de diverses confessions religieuses qui ont fait le déplacement des différentes régions du pays s’approprieront ce thème afin d’agir positivement sur leur milieu de vie. Lire la suite .....

Source: LeFaso



49ème édition de la journée internationale de la francophonie : la diversité culturelle et linguistique célébrées


A l’ occasion de la célébration de la 49ème édition de la journée internationale de la francophonie, le ministre des Affaires étrangères, Abdu Razzaq Guy Kambogo a célébré, sous le thème : « en français… s’il vous plait », la diversité culturelle et linguistique des pays membres de cette organisation afin de renforcer leur vivre ensemble. La cérémonie a été organisée au nouveau siège du ministère des affaires étrangères, sis à batterie 4. Placée sous le thème : « en français… s’il vous plait », madame Louise Mushikiwabo, secrétaire générale de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) souhaitait revisiter l’usage de la langue française et son appropriation qui passe nécessairement par son apprentissage. Lire la suite.....

Source: GabonActu



Atelier à Abidjan sur le rôle des leaders religieux dans le développement local


La Ligue des Oulémas, prêcheurs et imams du Sahel (LOPIS) organise mercredi à Abidjan (Côte d’Ivoire) le 9ème atelier régional sur "le rôle des leaders religieux dans la promotion du développement local pour la lutte contre la radicalisation et l’extrémisme violent".

"Cette rencontre sera une occasion pour mettre en relief le rôle des leaders religieux dans la promotion du développement local au Sahel et une opportunité pour l’échange d’expériences entre les pays de la région pour une lutte efficace contre la radicalisation et l’extrémisme violent", a indiqué à l’APS le secrétaire général de la Ligue, Youcef  Belmahdi. Lire la suite...

Source: Algérie Presse Servicce



Jeunes et lutte contre l'extrémisme violent: aller au-delà des réponses sécuritaires


A la recherche du gain ou d’un statut social plus valorisant au nom de l’honneur, les motivations des jeunes enroulés par des mouvements religieux sont différentes. Le réseau  des jeunes des pays du G5 Sahel en partenariat avec Humain Security collective s’active sur des partages d’échanges pour apporter des solutions appropriées à la lutte contre l’extrémisme religieux et radicalisme dans l’espace du G5 Sahel.

Ils étaient une vingtaine de leaders religieux venus des cinq pays du G5 sahel (Niger, Burkina Faso, Mauritanie, Tchad, Mali) et  des experts des questions de sécurité réunis, les 4 et 5 mars à Bamako, pour réfléchir  sur la lutte contre l’extrémisme violent.  Et se partager des actions menées dans leurs différents pays en matière de plaidoyer pour la régulation du discours religieux. Lire la suite ...

Source: Bamada.net



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